Petit retour sur The Fabelmans de Steven Spielberg

Friday, Apr 10, 2026 | 4 minute read | Updated at Friday, Apr 10, 2026

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Reprenons vite fait bien fait l’écriture de ce petit blog avec une critique expéditive du dernier né de l’un des plus grands réalisateurs de notre temps : The Fabelmans par Steven Spielberg.*

Je ne m’attendais à rien en allant voir ce film. J’avais eu de plutôt bons retours, d’autres un peu plus mitigés, mais rien de tranché ni de net. D’ailleurs, de moi-même je ne serais pas allé voir ce film : ce fut l’initiative d’un ami. Ami qui d’ailleurs voulait absolument voir soit The Fabelmans soit Babylone. Ayant par contre entendu des critiques assassines à l’égard de Babylone, je me suis empressé de lui partager mon enthousiasme pour aller voir l’auto-biopic de Steven Spielberg.

C’est d’ailleurs un exercice assez rare, dans le milieu du cinéma, pour être souligné : faire le film de sa propre vie, de sa propre jeunesse. Il n’y a pourtant pas d’exercice plus commun du côté de la littérature : les œuvres qui sont au moins d’inspiration autobiographique pollulent… L’enfant de Vallès, Les mots de Sartre, ou encore La recherche du temps perdu de Proust… Mais dans le milieu du cinéma ?
La démarche, si acceptée dans la littérature car le medium flirte avec le journal intime (que de journaux intimes publiés parmi les classiques, par ailleurs!), peut paraître vaniteuse dans le monde du film. Mais s’il y a bien une chose qu’il faut admettre, c’est que cette démarche est pleinement justifiée et compréhensible quand elle est entreprise par l’un des réalisateurs les plus marquants, les plus populaires, les plus talentueux de son temps. De notre temps.

Cela donne envie d’en voir plus…

On plonge directement dans l’enfance du jeune Sammy Fabelman, et de sa vie de famille mouvementée. Ses parents et ses deux sœurs le font grandir dans un monde en perpétuel mouvement, dans un ballet de paroles, de musique, et surtout de films.

D’une mère pianiste et d’un père informaticien (ingénieur?), Sammy voit sous son propre toit la confrontation manichéenne de l’artiste torturée et du pragmatisme mathématique. Pris rapidement d’amour pour le cinéma, il va graduellement se reconnaître en sa mère, alors que ses sœurs vont hériter de l’esprit cadré paternel.

Collioure, vue 1, 31 août 2021. Collioure, vue 1, 31 août 2021.

Pourtant, Sammy est le liant de ces deux côtés opposés. En gardant le secret de l’amant de sa mère, il maintient pendant un temps un semblant d’équilibre au sein d’une famille qui se fragilise de jour en jour. L’école ne se résume pour lui qu’à ses amourettes et ses rivalités, mais sa vraie passion est ailleurs : il rêve de pouvoir un jour diriger ses propres films…

On suit avec plaisir et émotion la jeunesse du jeune Sammy, et l’on apprécie ce film à la fois simple et profond, qui ne raconte rien et tout en même temps. Des scènes simples du quotidien de la famille, mais où l’on découvre les relations complexes, les conflits refoulés qui agitent les protagonistes.

Et puis on ressent la passion…

Gabriel LaBelle joue à merveille le Sammy (ou devrais-je dire Steven?) passionné qui travaille sur ses petits trésors de films. On découvre un être qui éclot, qui se développe, et on le quitte malgré nous à la veille de son envol. Mais quel plaisir de voir cet enfant, encore dirai-je innocent des malheurs de la vie, des peurs de l’âge adulte, se plonger à bras ouvert dans ce cinéma qui nous offre du rêve, à nous, spectateurs.

Avons-nous d’ailleurs pas aussi eu le choix, à un moment ou à un autre, d’emprunter la voie de Sammy : celle de l’art au lieu de celle de la raison ? N’avons-nous pas aussi une passion, que nous cultivons peut-être encore, mais timidement ? N’avons-nous, enfin, pas aussi cet enfant en nous qui a encore envie de jouer, de s’ébahir, de créer, de rêver ?

Ce film, selon moi, est une invitation à explorer ce qui nous anime. A écouter, pour une fois, la part de nous qui a envie de prendre des risques, de sortir des chemins battus…

Et c’est pour cela que je suis sorti tout ému de ma séance. L’enfance de notre cher Steven est certes lissée, voire clichée, trop parfaite, et sans doute que tout n’y est pas vrai, mais ce petit aperçu nous fait croire que d’autres vies sont possibles que la notre, que les difficultés peuvent être surmontées pour embrasser le monde du rêve, notre rêve. Une inspiration pour tous les publics.

Et vous, qu’avez-vous pensé du film ? Faites-le moi savoir :D

Merci d’être passé sur le blog et d’avoir pris le temps de lire cette critique ! Je vous donne RDV dans une semaine pour un nouvel article ! D’ici-là portez-vous bien !

Kaz

.* Cet article a été publié originellement le dimanche 12 mars 2023 sur mon ancien blog pixelpromenadefr.wordpress.com.

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