Alors que nous connaissons tous depuis des années une explosion de notre temps d’écran en dehors du travail, j’aimerais vous partager aujourd’hui cet article plus personnel : un petit billet d’humeur sur mon vécu de l’overdose numérique, rédigé le 30 décembre 2022, à Toulouse, dans mon carnet, à destination d’un ancien blog. L’article n’avait finalement pas encore été publié jusqu’à présent, et c’est après l’avoir retranscrit sur mon ordinateur et procédé à quelques retouches que je vous le livre. J’espère que la lecture vous sera plaisante. Kaz
Nuit noire sur Toulouse
Ce matin, j’ai l’esprit embrumé. Je n’arrive pas à penser, à réfléchir, ni à prendre du recul. Je suis mou, fatigué, dans une sorteur de torpeur. Et quelle migraine ! Si je n’essayais pas d’arrêter le café, je me serais vite fait une tasse réconfortante afin de « relancer la machine » et de trouver ce shot d’hyperactivité illusoire que la caféine me procure. Mais je suis en vacances, il n’y a pas d’urgence, pas d’obligation professionnelle. Alors je me contente de subir, et d’écrire.
Rocamadour, vue 1, 29 août 2021.
La journée d’hier a été particulièrement éprouvante : l’organisation, mon départ en train, la subite fatigue en arrivant à Toulouse, la pluie au dehors, les courses, ce dîner tardif trop gras et si lourd à digérer, et tout au long de cette journée une sorte de détresse qui grandissait en moi, insidieusement. Mon esprit agité ne pouvait se concentrer sur rien, au-delà de choses brèves et futiles, et cet état ne s’estompait pas, jusqu’à très tard dans la nuit.
Journée blanche
Et puis ce matin, le réveil a été douloureux, tout contracté que j’étais, dans l’appartement froid. J’avais mal réglé le thermostat la veille, et les radiateurs ne se sont pas lancés pendant la nuit. Autant dire que j’avais eu un sommeil exécrable. Et comme c’est bien mon jour de chance, ô surprise sous la douche : eau froide ! Et là, rien ne va plus, on a froid tout le temps, et on ne trouve pas le moyen de se réchauffer…
Ce que je n’ai pas dit jusqu’à présent : tout du long d’hier et de ce matin, j’ai surconsommé le contenu de mon téléphone portable. Réseaux sociaux, vidéos, podcasts, musique, je suis tombé dans tous les travers. Mais comme rien de ceci de faisait effet, et que je ne voyais pas d’autre échappatoire, je m’obstinais dans ma frustration, enchaînant les infos par centaines, brassant les données numériques, nageant dans les flux d’internet, insatiable, jusqu’à aboutir à un cerveau en surchauffe et en déraillement complet. J’étais pris dans une boucle d’anxiété dont je ne trouvais pas d’issue, le stress provoquant des comportements malsains engendrant encore plus de stress, à n’en pas finir. Et puis il y avait cette sensation insupportable, que j’ai encore maintenant, d’avoir trop de choses dans la tête. Et les yeux usés par le (très) petit écran. Est-ce que vous connaissez cet état ?
Prise de recul et ouverture
Je me dis bien sûr, à chaque fois qu’une crise de ce genre survient, « Plus jamais ça ! », mais il faut bien garder à l’esprit que ceci n’est que la conséquence d’une mauvaise hygiène de vie, qui ne fait qu’aboutir à un corps et un cerveau en vrac et HS. Il faut cibler toutes ces mauvaises habitudes (qui peuvent paraître de premier abord comme des bonnes habitudes) que j’ai avant la perte de contrôle, avant qu’il ne soit trop tard, afin d’éviter d’arriver à un stade trop avancé d’épuisement : une hyperactivité exacerbée, le manque de sommeil, le manque de « temps calme », etc…
Si j’essaie de le résumer de manière simple : il ne faut pas vouloir courir trop vite dès le départ pour ne pas s’épuiser avant la ligne d’arriver.
Encourageons-nous au contraire à trouver des temps calmes et reposants ! Sortons nous d’un productivisme poussé à des extrêmes paradoxalement handicapants. Forçons-nous à faire régulièrement des pauses d’écrans d’au moins une heure chrono en main. Pendant ce répit, ayons des activités reposantes, en particulier pour les yeux. Prenons le temps de méditer. Quand les écrans commencent à prendre beaucoup beaucoup de place, essayons de nous motiver à sortir, aller courir, ou bien à faire du sport à la maison… Restons simple dans nos échappatoires : une douche, ou un appel à un proche. Et tant d’autres sentiers vers l’aller mieux que nous appelons de tous nos vœux existent !
Kaz
Article rédigé le 30 décembre 2022, à Toulouse.
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