Rédiger la présentation, ou comme je dis ici, l’“édito” d’un blog, est loin d’être une chose aisée. Le blog permet toutes les libertés au créateur qui met à l’écrit le foisonnement intérieur, foisonnement qui part souvent dans tous les sens. Comment en capturer l’essence fondamentale ? Mais ce texte, qui date de trois ans déjà, légèrement dépoussiéré, reprend bien quelques lignes directrices qui m’animent encore aujourd’hui. Peut-être qu’il saura trouver quelque résonnance en vous également.
Chers lecteurs,
J’aimerais vous parler aujourd’hui de la motivation première à l’origine de ce blog. Car des blogs, j’en ai eu quelques-uns, et je me faisais blogueur pendant certaines périodes de ma vie. Puis je passais à autre chose, et je revenais, et je repartais, etc.
J’ai d’ailleurs toujours écris, en petite quantité, et dès que j’arrêtais d’écrire, je sentais un vide et une frustration qui me ramenais à l’écriture.
Suite à cela, après des années d’écriture et de blogging, je me trouve face à de nombreux chantiers perdus, inachevés, oubliés, que je souhaite maintenant redécouvrir, reprendre, tel un explorateur n’allant pas vers l’inconnu du dehors, mais ouvrant les cartons poussiéreux de sa propre chambre.
Collioure, vue 3, 31 août 2021.
J’aimerais me faire archéologue de mes propres textes, de mes propres errances, et revenir à des chemins que j’ai commencé à tracer, puis abandonné, pour continuer ce traçage vers des inconnus multiples.
J’aimerais prendre le temps de m’arrêter, revenir en arrière, réfléchir sur mes propres cheminements, et ainsi solidifier mes fondations, alors que la vie pousse et tire toujours vers des horizons nouveaux, vers des tabula rasa perpétuels et radicaux.
C’est un exercice purement égotiste, j’en conviens. Mais en faisant cela je ne cherche ni à me flatter, ni à me mettre sous une lumière favorable. Je cherche seulement à retrouver les rêveries d’une jeunesse qui me paraît lointaine, à poursuivre ces rêves, fidèlement à mes volontés passées. Rester fidèle à moi-même, à mon enfant intérieur.
C’est trop facile de passer toujours à autre chose. L’exercice consiste à faire preuve de persévérance. Et peut-être, au bout du chemin, depuis mon esprit déformé d’aujourd’hui, retrouver les fragments d’une Innocence perdue…
Mais il n’y a pas que cela…
Cette « fouille » que je vous propose, elle se dirige aussi vers les éléments matériels de mon passés. Objets qui se sont accumulés au fil des années, sans que je prenne nécessairement le temps d’en jouir.
Les livres, les magazines, les carnets de notes remplis de textes inachevés et d’idées avortées… Connaissez-vous cette sensation presque religieux d’ouvrir pour la première fois un roman que l’on s’est offert il y a cinq ou dix ans en se jurant de le lire dans la semaine ?
Et même dans notre vie numérique : un jeu que l’on a acheté sur Steam il y a plus de dix ans, et que l’on installe enfin pour la première fois…
Car chaque achat, chaque présent a sa signification, sa valeur, et l’exercice consiste aussi à retrouver cette valeur que l’on accordait à l’objet, qui maintenant a été tout lessivé de sa nouveauté, et d’en jouir enfin, et de comprendre le pourquoi de cette acquisition.
Le passé, je dirais même la mémoire, est plein de révélations qui n’attendent que de se présenter à l’explorateur que nous sommes.
Cela va à l’encontre du principe de société de consommation : nous voulons nous arrêter, nous voulons reculer, repartir des années en arrière, et contempler nos anciennes ruines, et découvrir nos secrets ensevelis trop vite.
Il faut que je vous avoue que ma vie s’écoule sur un courant trop rapide. Les déménagements s’enchaînent (pourquoi ne puis-je pas rester dans une ville plus d’un an ou deux?), les placards et les étagères se remplissent… Les cartons qu’on ne prend plus la peine d’ouvrir, la chambre d’enfant chez les parents qui recèle encore tant de secrets.
Je ne me fais pas d’illusion : jamais je ne remonterai complètement le fleuve, et aussi j’ai comme tout le monde soif de nouveauté et de surprise. Mais ces quelques petits efforts, faisons-les bien, rendons hommage à tous nos « moi » que l’on a oublié au fil du temps…
Mais retournons à nos lectures, à nos écritures…
Kaz
Cet article a été publié originellement le mardi 21 mars 2023 sur mon ancien blog pixelpromenadefr.wordpress.com.
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