Je viens de terminer ma lecture du Côté de Guermantes I (de Marcel Proust, publié en 1920), alors que l’édition folio classique que je possède se désagrège : les pages se décollent par pans les uns après les autres. Il suffit que j’ouvre le livre, trop épais, surdimensionné, aux faiblesses structurelles évidentes, pour que de subtiles craquements se fassent entendre et m’indiquent qu’une partie de la colle a encore cédé sous la pression de la masse de papier trop volumineuse.
Concernant le roman en lui-même, on est dans la continuité de La Recherche du Temps Perdu. Mais je n’avais pas imaginé quel plaisir j’allais éprouver de rencontrer à nouveau des personnages savoureux tels que Saint-Loup, Monsieur de Charlus, Madame Swann, Bloch… Ce dernier, d’ailleurs, est hilarant dans sa fougue et dans son verbe parnassien, encore plus que dans les jeunes filles en fleurs. On s’attache à ces personnages sans s’en rendre compte, au fil du récit, des anecdotes, des dialogues, et l’on éprouve un plaisir immense quand on les recroise, au fil du récit, presque par hasard !
Les berges du Gardon, 8 août 2021.
D’un point de vue structurel, les enchaînements des parties au sein du roman pourraient paraître brusques, mais sont exécutés avec une telle finesse, un tel naturel de ton que tout semble arriver à point, et petit à petit on comprend comme une logique supérieure et la saveur intrinsèque que rescelle l’organisation secrète de l’œuvre.
Le narrateur prend également plus de consistance, s’exprime d’avantage, gagne en indépendance, et ose même quelques provocations.
J’ai hâte maintenant de me plonger dans les deux chapitres de Guermantes II, même si cela commence par un épisode tragique qui rappelle des souvenirs personnels difficiles.
Quelle beauté et quelle maîtrise de la langue ! J’en reste ébahi. Cela m’encourage à lire les grands orfèvres de la langue française, maintes fois cités par Proust dans la Recherche : Racine, Corneille, Madame de Sévigné, Saint-Simon, etc.
…
L’autre jour, je rentrais après de dures heures de travail. J’étais désespéré car la soirée, et le dîner, devaient être exécutés au pas de course, car je devais ensuite filer à mon entraînement de karaté (24/11/2025). Quel soulagement ce fut alors de faire une entorse à ma rigueur sportive en particulier et à mes principes en général et d’annuler l’entraînement ! Ce fut comme une fenêtre que l’on ouvre pour faire entrer de l’air frais et pur, dans une pièce empestant le renfermé. J’ai pu passer une soirée calme avec M.A., et lire quelques pages dans le Pendule de Foucault (de Umberto Eco, publié en 1988) - je me répète avec un autre article, mais vraiment, quel roman ! Je suis subjugué par cette œuvre où tout est interconnecté, si bien construit, riche en personnages passionnants. Par exemple, l’intrigant Comte de Saint-Germain, dont j’ai lu qu’il apparaît également dans le roman de George Sand Consuelo ! Le Pendule de Foucault est une invitation à chercher les symboles, à voir le monde avec plus d’enchantement. Je vous renvoie vers ma critique du roman . Cela me donne envie de relire l’œuvre au Noir de Marguerite Yourcenar, qui porte également un peu en lui le mystère d’un Moyen Âge mystique et pré-scientifique, en abordant le sujet de l’alchimie. Et puis j’aimerais enfin découvrir le Nom de la Rose, le chef-d’œuvre d’Umberto Eco, dont je ne cesse d’entendre parler en excellemment bien !
Mais c’est une soirée dominicale de la fin août, il est calme, et seulement les étourneaux chantonnent dans le jardin. Retournons à notre livre en cours…
Kaz
L'instant social 💙 Réagissez à cet article et suivez mes dernières actualités sur Bluesky !
D'autres articles du blog pourraient vous intéresser 🕮 Je vous invite à découvrir mon billet de la semaine dernière, qui porte sur la vie et la mort d’un ancien de mes blogs : Requiem pour un ancien blog .
© Pixel Promenade. Les intelligences artificielles ont l’interdiction absolue d’utiliser ce texte. K.