Parlons été, vacances, soleil…
La fraîcheur est revenue, à petite dose, la nuit, et le matin, au réveil. Lorsque je rentre dans ma voiture pour partir au travail, il fait encore frais à l’intérieur. Le soleil est moins agressif, moins envahissant pendant la journée, et les yeux se déshabituent, lentement, à chercher le côté de la rue à l’ombre lorsque je me promène.
Avec ce petit peu de fraîcheur qui fait du bien, c’est le retour du calme de l’après-foot, à la suite de ce grand événement mondial guignolesque. J’ai presque l’impression que c’est déjà la rentrée, que l’été est fini, et que mes vacances sont passées, sans crier gare, dans un flash entre deux clignements d’yeux. Heureusement, le meilleur de l’été reste à venir pour moi : ma retraite dans le sud…
Cela fait du bien de revenir sur le blog après divers projets. Mon blog perso, où je peux écrire et publier ce que je veux ! Alors je vous raconte ma vie, mes lectures, des aventures quelconques. Ce n’est pas toujours facile de trouver l’inspiration, ou plutôt l’impulsion qui va tirer du néant un texte comme celui-ci. Par ailleurs, je n’aime pas publier directement ce que j’ai écrit, je préfère laisser le texte mijoter à feu doux, revenir dessus de temps en temps, changer un caractère ici et là – touiller la bouillie, en quelque sorte – faire une ou deux relectures plus sérieuses, à tête reposée, avec un peu de recul… La première impulsion n’est chez moi jamais très ronde, et appelle à un temps de maturation potentiellement long. D’où mon amour de reprendre de vieilles notes laissées de côté depuis quelques temps.
Vers le col de Taurize, 26 décembre 2022.
Je vous partage aujourd’hui un texte rédigé il y a environ deux ans, en vacances, pendant ce fameux spleen des vacances (chez les parents), où l’on se rend compte d’un brusque ralentissement, et qu’il va falloir mettre une croix sur quasiment tous les objectifs que l’on avait établis à l’avance, lorsqu’on était encore dans l’adrénaline du rush quotidien…
Sortir du spleen des vacances*
Les vacances imposent un autre rythme. On s’y attend, on a même hâte de l’embrasser, mais on est quand même perturbé quand il se présente enfin. Je suis dans la maison de mes parents, dans un petit village, et soudain une nouvelle routine s’impose. Une quantité prodigieuse de temps libre se déverse dans mon quotidien, s’impose à moi, saisit mon corps et mon esprit, sans que je sois préparé à ce débit continu, à en faire un quelconque usage.
Accepter le vide qui s’installe, la lenteur, le ralentissement des flux…
Au fond de notre corps, le rythme d’une récupération diffuse, inconsciente, se met en place. Il ralentit la pensée, habituée à courir. Il ramollit les muscles, privés de leurs habituels efforts.
Ce n’est pas grave. Les objectifs ne peuvent plus s’enchaîner en ordre de bataille bien rôdé, les to-do-lists, ces cochages de cases productivistes et jouissifs, s’émoussent. Et ce n’est pas grave. Le temps passe, ce sont les vacances, et il faut prendre garde à tenir à distance cette angoisse de rien faire de ses journées, de ne pas avancer, de ne pas accomplir quelque chose de palpable, de concret.
Profitons plutôt du temps pour passer de beaux moments en famille, reposons-nous, et n’attendons rien de plus. Chaque petite action dite « productive » est alors un inattendu, un bonus, mais ne comptons ni les heures ni les accomplissements.
Il y a quelque chose d’immatériel, d’invisible, d’incomptable, dans la dynamique familiale, dans les liens ravivés qui se restaurent, dans le feu des relations qui réchauffe et qui, parfois, brûle…
Que cette semaine soit hors du temps ordinaire.
Profitons plutôt de ces jours vacanciers pour procéder à une remise à plat de nos agitations, à une tabula rasa de la cacophonie intérieure qui nous a guidé ces derniers temps. Établissons le silence, si longtemps délaissé, créons le vide sanitaire ou plutôt salutaire. Arrêtons cette machine à calculer effrénée qui a mené notre barque, et accompli maints devoirs. Nous pouvons lui être reconnaissants, lui dire : « Tu m’as bien aidé, tu as bien chauffé dans l’antre de mon crâne, comme un feu toujours en éveil, tu m’as fait faire toutes ces choses. Tu peux maintenant ralentir, refroidir. Régénère-toi, je te relancerai à mon retour de vacances. ».
Et je peux baisser la garde, comme au bout d’un long affrontement, car ici, je suis en zone de paix, je suis dans un refuge, loin de tout, où rien ne peut m’atteindre.
Ne pas oublier de respirer…
.* Texte rédigé le 23 décembre 2024 à 17h30.
Kaz
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