Le dimanche, écrire, comme on se l’est promis, dans le refuge de sa chambre, où presque rien ne peut interrompre cet état méditatif, ou de seconde vie, dans lequel on se plonge en esquissant les phrases intimes sur notre machine personnelle. Écrire, mais sans inspiration, sans trame, sans schéma, et se contenter de faire couler la verve et le trop plein de notre gosier à mots, les fruits ramassés à même le sol et dévorés sans être lavés lors des printemps tardifs, se laisser aller à une sorte de transe, pas une fainéantise, non, mais de prendre le vocable et le style comme il vient, sans matière, sans rien de plus, et retrouver une certaine pureté, légèreté, dans des phrases déchargées, cœur et mystère du langage comme négation de la communication informative.
C’était il y a trois ans, jour pour jour… L’avenir avait trois ans de plus. Je me rappelle ! Les petites séances d’écriture volées au destin, dans l’espère de sérénité retrouvée le dimanche après-midi, tout au bout du défilement intempestif des obligations -inventées - professionnelles, sociales, de santé ! Sainte écriture, instants miraculeux, comme les oiseaux migrateurs dans nos ciels familiers, que vous ne cessiez jamais de revenir me voir, dans ma chambre, le dimanche après-midi.
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Je me laisse entraîner par l’exercice du billet d’humeur, n’ayant pas l’énergie pour me lancer dans quelque chose de plus consistant. De plus, c’est une mode séduisante, car une humeur est généralement plus facile à lire, plus intimiste, plus émotionnelle, que la froide critique ou le complexe article.
Car après tout, mon objectif est d’écrire. Peu importe quoi, peu importe où, je ne me suis fixé que le « quand » : cette année, 2023, et de manière régulière. Ceci pour pratiquer, me remettre dans le bain, reprendre des automatismes. Je ne veux pas, encore une fois, me lancer dans quelque chose de trop ambitieux qui me fera décrocher au bout de deux semaines. Je veux rester sur ce blog, continuer à écrire tout au long de l’année, et créer une nouvelle habitude dominicale.
Berlin, Teufelsberg, 21 avril 2025.
Nous sommes dimanche, et c’est le dimanche que je trouve le temps d’ouvrir mon ordinateur personnel et de me lancer dans l’écriture d’un petit texte. Il y a bien sûr des exceptions, des semaines où je suis débordé même le dimanche. Mais de manière générale, j’essaie de ne pas prévoir grand-chose ce jour-là, afin d’avoir une journée de repos et… d’écriture.
Les autres jours de la semaine, c’est plus compliqué. Et cela, malgré les résolutions, les plans, les projets. Je n’ai pas la tête à ça. Je peux avoir des idées, établir des listes, imaginer des articles et des histoires. Mais ma main, ma plume, ma tête sont fatiguées. Je rentre du travail. Je fais du sport, de la musique. Je cuisine. Je me prépare, m’organise. Je fais couler une douche bien chaude. J’ouvre un livre. Mais, façon de parler bien sûr, ma plume reste dans son encrier. Pour écrire, il me faut un amas de temps devant moi, ne pas être épuisé d’une journée de travail, savoir que toutes les obligations de la semaine sont derrière moi.
Le dimanche a ce pouvoir spécial : il est la fin de la semaine, on termine quelque chose. Même si dès le lundi, de nouvelles obligations vont poindre le bout de leur nez, ce qui rend « la reprise » particulièrement difficile (c’est un véritable « reset »), le septième jour est un souffle, une poche d’oxygène, la fin d’un chapitre. Le monde ralentit, les magasins sont fermés, les gens se reposent. J’aime le dimanche pour cette sensation de finitude qu’il procure, cette occasion de prendre du recul sur sa vie et son parcours.
Mon humeur, donc, venons-y. Je me sens enfin apaisé. La semaine a été une course éreintante. Non seulement car le dimanche d’avant, je me suis couché très tard, mangeant sur la nouvelle semaine une part de mon énergie disponible. Mais de plus, le travail est chargé pour moi en ce moment et je ne compte plus mes heures supplémentaires. Je suis arrivé au vendredi soir, au samedi, encore agité, déboussolé, sans pouvoir me calmer. Samedi soir, j’ai été pris par une sorte de spleen. Cette sensation étrange, négative, a encore duré ce matin. Et puis, ma libération, ça a été le ménage : ne négligeons pas, chers amis, les vertus thérapeutiques du ménage et du rangement. Au fur et à mesure que je nettoyais et que je rangeais, mes idées se clarifiaient, mon cœur se calmait, et je me détendais.
Je suis maintenant lucide de ma journée, de ma semaine, de mon entourage. Mon esprit est à nouveau assez fort pour résister aux idées négatives. Je regarde ces sept derniers jours, et je suis fier de tout ce qui s’est accompli. Une bonne semaine de travail, n’y revenons pas. Mais aussi une rencontre que je crois importante. Des moments précieux avec des amis. Des sessions de pratique de clarinette qui m’ont fait comprendre l’importance et la richesse du travail du jeu « à l’oreille ». J’ai lu quelques pages savoureuses. Et puis, des efforts faits sur mon alimentation. Je m’autorise des écarts, mais des écarts contrôlés, et assez espacés pour être régulés. Je vise une meilleure forme physique pour cet été (n’y a-t-il pas plus cliché?) qui m’oblige de réduire le gras et le sucré. Et j’y arrive, petit à petit.
Tant d’articles à écrire, mais je me contente, et j’apprends à me contenter d’un billet d’humeur comme celui-ci. J’espère que cela vous plaît. Moi, cela m’aide à lutter contre mon esprit perfectionniste.
Je vous souhaite un bon dimanche.
Kaz
Cet article a été publié originellement le 19 février 2023 sur mon ancien blog pixelpromenadefr.wordpress.com avec le titre “Billet d’humeur : Nous sommes dimanche, et comme chaque dimanche…”
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