Une page déjà vieille d'une sorte de journal intime - Article 11
Thursday, Feb 19, 2026
Le dimanche, écrire, comme on se l’est promis, dans le refuge de sa chambre, où presque rien ne peut interrompre cet état méditatif, ou de seconde vie, dans lequel on se plonge en esquissant les phrases intimes sur notre machine personnelle.
Écrire, mais sans inspiration, sans trame, sans schéma, et se contenter de faire couler la verve et le trop plein de notre gosier à mots, les fruits ramassés à même le sol et dévorés sans être lavés lors des printemps tardifs, se laisser aller à une sorte de transe, pas une fainéantise, non, mais de prendre le vocable et le style comme il vient, sans matière, sans rien de plus, et retrouver une certaine pureté, légèreté, dans des phrases déchargées, cœur et mystère du langage comme négation de la communication informative.